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  • Gerald Toussaint

QUE DIRE DE YAP?



N’ayant jamais manqué à notre devoir d’opiner sur des évènements à quelque échelle qu’ils soient, internationale, nationale ou régionale, nous nous en voudrions si nous laissions passer sous silence les activités qu’organisera YAP le 1er avril 2018, à Léogâne.

Pour les gens qui ne sont pas de la cité de la reine unique de la terre d’Ayiti Kiskeya ou Bohio et qui n’ont jamais entendu parler de YAP que certains de nos amis promeuvent sur les réseaux sociaux depuis tantôt deux ans, ce sigle aurait signifié purement et simplement Yogann Ap Pedale.

Ignorant le motif de la fondation de YAP et du choix du nom, nous remonterons jusqu’au printemps de notre âge pour dire que les bicyclettes étaient les principaux moyens de locomotion ou de déplacement de la population de Léogâne, particulièrement des jeunes. A un certain moment, si on n’était pas le possesseur d’une bicyclette neuve ou usagée, on n’était pas populaire. Les jeunes dont les parents n’avaient pas trop grands moyens étaient obligés de marcher des kilomètres à pied pour se rendre à l’école ou d’un point à un autre.

A quelque chose, dit-on, malheur est bon.

Vous le savez sans doute que la marche à pied aide non seulement à perdre du poids et active la circulation, mais aussi, elle aide à tonifier les muscles des jambes. Marcher réduit également les risques d’hypertension, prévient le diabète et aide à lutter contre le cholestérol. En plus de tout cela, marcher détend et aère l’esprit.

Une étude publiée récemment affirme que pour se maintenir en bonne santé il est nécessaire de faire entre mille et dix mille pas par jour. Alors, il n’est point nécessaire de préciser que les jeunes qui ne pouvaient pas se doter d’une bicyclette et les écoliers, les lycéens et collégiens qui n’avaient que quelques pièces de centimes pour acheter de la crème et des pistaches grillées pendant les heures de récréation n’avaient rien à envier à celles et à ceux qui roulaient en vélo, en termes d’exercice et de santé.

Un mouvement à encourager

Que votre résidence soit à Léogâne ou à l’étranger, si vous visitez la ville de Léogâne venant de Port-au-Prince, c’est sûr que vous voyez le pullulement des gens assis sur leur moto attendant que leur service de transportation soit sollicité par des hommes et femmes qui viennent de Darbonne, de Duffort, de Petite-Rivière, de Brache ou de la ville même. Nonobstant la distance qu’ils ont à faire, les Léogânais, comme beaucoup d’autres habitants du pays, priment les courses en camionnette ou en moto sur celles à bicyclette ou à pied.

La conséquence, vous le savez déjà, est lourde. Des milliers de personnes sont accidentées chaque année. Les plus chanceuses quittent les lieux des accidents avec des bras et des pieds cassés, d’autres passent l’arme à gauche sur le champ. Fort malheureusement, les séquelles ne s’arrêtent pas là. Pour avoir négligé ou abandonné purement et simplement les bicyclettes et la marche à pied, l’obésité s’installe confortablement chez nos payses dont les conditions de santé deviennent de plus en plus précaires. Alors, tout mouvement qui vise à encourager nos compatriotes en général et la population léogânaise en particulier à faire des exercices et, du même coup, rester en bonne santé, est louable, à notre avis.

Yogann Ap Pedale, pour aller où ?

Pédaler, d’après Larousse, signifie actionner les pédales d’une bicyclette. Par ricochet, lorsqu’on actionne les pédales d’une bécane, ça fait rouler et avancer ce vélo.

Étant un des fils authentiques de la cité, nous sommes pour l’avancement et le progrès de la ville et des 13 sections communales qui forment l’ossature de cette belle et fière commune. Pendant ces derniers mois, nous avons eu l’occasion de lire sur la page de certains de nos amis des slogans tels que « pédalons pour avancer », « pédalons pour rester en santé ». À bien réfléchir, nul aphorisme saurait être mieux choisi que ceux-là. Quant au sigle YAP que nous avons défini tantôt, celui qui l’avait choisi est digne de notre hourra.

Les grandes questions que tous les Léogânaises et Léogânais devraient se poser sont les suivantes : Où en sommes-nous ? Pédaler pour aller où ? Loin de vouloir minimiser l’importance de l’exercice, encore moins celle de ce mouvement, nous nous permettrons de dire qu’à moins que ces deux questions et bien d’autres soient positivement et honnêtement répondues, Léogâne ne pédalera que dans la semoule ou dans le yaourt.

Rulio Oscar

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