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  • Gerald Toussaint

RÉCIT DE MON DERNIER VOYAGE EN HAÏTI (Avril 2018)

Cela fait longtemps que je n’ai pas écrit pour vous mes amies et amis de Facebook. Je vous fais donc un récit de mon récent voyage le mois dernier en Haiti que vous apprécierez certainement.

Je n’avais pas fait de bruit parce que mes enfants n’aiment pas que j’informe de mon parcours lorsque je suis en Haïti. Les médias tablent tellement sur les mauvaises choses qu’on a tendance à croire qu’Haïti est un non-lieu qui n’a que du mauvais. Il y a aussi du bon monde qui habite en Haïti et je me sens bien lorsque j’y suis. C’est un pays difficile certes et je prends mes précautions comme j’en prenais lorsque j’allais dans plusieurs coins jugés dangereux des États-Unis pour mettre en service «commissioning» des réseaux de télécommunications et de fibres optiques. Cela dit, Haïti n’est pas si mal que ça, à part des inquiétudes valables qu’on pourrait avoir au sujet de la sécurité et du système de santé.

Je suis donc de retour d’un long voyage dans ma terre natale, des vacances cette fois! J’ai dit long, parce que c’est la première fois en 43 ans que j’ai passé environ 3 semaines d’affilé à Léogâne, ma ville chérie que je ne donnerai jamais pour les plus riches du monde. Je suis léogânais, point barre!

Vous direz certainement que j’ai été pour le RARA. Pas tout à fait. Il y avait plusieurs affaires familiales à régler afin d’obéir aux dernières volontés de ma mère. Elle voulait surtout que je fasse le nécessaire pour barrer la route à des vautours qui essaient à plusieurs reprises de s’accaparer de sa place de naissance dans la localité «Lestère-Béloc», section de Dessources. Mes amis d'enfance connaissent cette place qui est maintenant très convoitée à cause de sa position sur le littoral. La mer est belle et la plage très propre!!! Je vous fais grâce de mes démarches mais j’ai réussi. Il faut maintenant décaisser pour être totalement en règle avec la DGI. Leçon apprise : il faut être sur place et avoir de bons contacts pour régler ses affaires en Haïti. Nos parents et grands-parents ont trimé pour avoir leurs biens, vaut mieux les récupérer avant qu’il ne soit trop tard et les distribuer à des personnes de votre choix plutôt que de les laisser à des inconnus qui ne sont même pas de la région, chef ou pas (paroles de ma défunte mère). Nous aurons bientôt notre «Boulou Beach» bientôt!

Parlons RARA! Comme je l’avais spécifié dans un article l’année dernière, cette manifestation culturelle est devenue tellement grandiose qu’elle pourrait servir de fer de lance pour la régénération de l’économie de Léogâne. Cela demande toutefois des réflexions en profondeur, en dehors de la politique, pour bien guider les pas. En effet, la politique semble de plus en plus empiéter sur l’aspect culturel de l’événement et c’est dommage. Les gens doivent savoir que le Rara n’est pas le Carnaval et on pourrait se passer de certaines extravagances.

Il y eut des innovations cette année avec «Rara en folie» pour des événements sur la place Ste-Rose, mais surtout des initiatives avec le musée du rara, qui méritent de l’encouragement. On aurait préféré que le musée soit ouvert pendant toute la période du rara afin que les écoliers puissent connaître un peu de l’origine du rara et de la constitution des bandes avant de se faire pointer du doigt par certains port-au-princiens ou des sectes religieuses qui définissent le rara comme des sociétés de démons. L’initiative du musée apporte donc un plus dans l’appréciation des festivités du rara. J’ai laissé quelques critiques et commentaires constructives au Dr. Evans (Vanki) Beaubrun et à Gérard Antoine qui sont parmi les promoteurs de cette activité que j’ai beaucoup appréciée.

Je produirai peut-être plus tard un texte pour partager mes opinions sur l’exploitation du rara à des fins économiques pour contribuer à la relève de Léogâne.

La cerise sur le gâteau a été l’activité ou mieux l’événement «Yogan Ap Pedale (YAP)». J’étais étonné et je n’en reviens pas de la dimension et de la popularité de cet événement. C’était toute une réussite, en nombre, beauté, enthousiasme et discipline! Je félicite une fois de plus les organisateurs, particulièrement Gerald C. Toussaint qui avait tenu les léogânais-es en haleine sur Facebook. Je n’avais pas le programme, cause de ma présence tardive sur le parcours. Je n’avais pas aussi de bicyclette mais j’ai pu quand même faire quelques coups de pédale sur celle de notre populaire Diery Marcelin qui m’a permis de dire «Youpi, j’ai participé».

L’événement YAP a été certes grandiose e soi mais je crois quand même qu’il y a place à réflexions pour arrondir les coins. Par exemple, est-ce que le dimanche matin de Pâques est le bon moment, connaissant la ferveur religieuse de nos compatriotes à qui on demande de faire le choix entre l’église et la bicyclette? Comment composer aussi avec l’indiscipline des taxi-motos? J’ai dû moi-même intervenir à quelques reprises pour empêcher certains d’eux de traverser sans égards au beau milieu de la file.

Les léogânaises et léogânais avaient soif de leur bicyclette d’antan. La bicyclette qui se trouvait dans chaque foyer, celle qui permettait aux jeunes filles de tailler leur «banda» dans nos rues jadis cahoteuses et celle qui rendait le chemin plus court ou qui facilitait l’accès à des coins interdits aux gars «les macho, les koyo». Ce 1er avril, on était forts et disciplinés en groupe, on n’avait plus peur des motos qui sont utiles quelque part mais aussi qui dérangent grandement à cause de l’indiscipline de leurs chauffeurs et l’inexistence de l’état pour réglementer le trafic et les permis.

En résumé, léogânaises, léogânais de la diaspora et ami(e)s, que vous soyez vodouisants, catholiques, protestants, témoins de Jéhovah, francs-maçons, athées, ou autres, essayez juste une année et vous verrez que Léogâne est l’endroit à y être pendant la semaine pascale. Tentez l’expérience et vous me donnerez des nouvelles. Je vous assure que vous revivrez votre enfance et votre adolescence loin de vos problèmes quotidiens!!!

Je partage avec vous quelques photos (déjà publiées pour la plupart) des activités mentionnées dans ce récit.

Votre ami Yves


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